La contribution des entreprises au développement durable
La responsabilité soci(ét)ale des entreprises (RSE), en anglais Corporate Social Responsibility (CSR), est une démarche volontaire de conduite des affaires, qui reflète la contribution des entreprises au développement durable. L’ISO 26000, publiée en 2010, est la norme de référence non-certifiable de la RSE.
De nature stratégique, la RSE est une nouvelle fonction de support (comme RH, achats, IT…) qui aide l’entreprise à s’adapter à son contexte économique, social et environnemental, tout en créant de la valeur partagée.
Pour devenir une ENTREPRISE RESPONSABLE
Une responsabilité basée sur les attentes de la société
Puisque les activités d’une entreprise impactent l’économie, la société et l’environnement, il est compréhensible que les personnes impactées en attendent un comportement responsable et diligent. Archie Carroll a identifié 4 types d’attentes de la société qui font émerger 4 catégories de responsabilités pour l’entreprise : économiques, légales, éthiques et philanthropiques. La pyramide de la RSE reflète leur importance.
La nature exacte de la responsabilité d’une entreprise dépend de sa taille et de son secteur. L’importance, voire la matérialité des sujets sociétaux est intimement liée aux intérêts des personnes et entités qui sont impactées par les activités de l’entreprise. Ainsi, si vous avez lancé une startup IT, vos clients seront particulièrement vigilants quant à la protection de leurs données personnelles, et vos investisseurs s’intéresseront davantage à votre pérennité. D’un groupe industriel, le gouvernement exigera des réductions d’émissions de gaz à effet de serre. Dans toute grande entreprise, les syndicats s’inquiéteront de la sécurité et de l’employabilité des salariés.
Les relations entre entreprises et société
L’entreprise est une organisation qui utilise des inputs (travail, connaissances, capital, ressources…), pour les transformer (via des processus) en outputs souhaités (ROI, biens et services, salaires, impôts…), mais aussi non souhaités (pollution, CO2, nuisances…). Les entreprises ne fonctionnent pas comme un système fermé, mais ont besoin des ressources de la société. Il importe donc d’analyser les relations entre les entreprises et la société.
Deux visions s’opposent : Milton Friedman affirme que l’unique rôle de l’entreprise est de générer du profit pour les actionnaires, les shareholders, alors qu’Ed Freeman conçoit l’entreprise comme un système de multiples acteurs qui collaborent pour retirer des avantages mutuels et individuels, les stakeholders, ou parties prenantes (actionnaires, salariés, clients, fournisseurs, gouvernement…). Pour les deux économistes, l’entreprise doit produire de la valeur, mais il y a manifestement un malentendu sur la notion de valeur.
Création de valeur partagée
Pour assurer sa pérennité, une entreprise ne peut plus considérer le retour sur investissement comme seule pierre angulaire de son édifice économique, mais doit concevoir la création de valeur comme un système cohérent. Le capital intangible (compétences, organisation…), les processus (travail, exécution de tâches…), et la valeur perçue par le client (utilité des biens et services, réputation…), doivent faire partie intégrante d’une stratégie d’entreprise. La valeur financière (profit, argent, ROI…) n’est que le résultat de la bonne gestion des dimensions précédentes.
Dans la société, la valeur peut se présenter notamment sous forme de stocks de 4 capitaux : capital environnemental (ressources naturelles, services écosystémiques, climat…), capital sociétal (êtres humains, santé, sécurité, connaissances, relations sociales, culture…), capital économique (accès à des biens et services) et capital financier (richesse, demande des clients, investissements…). Selon les besoins de l’analyse, le périmètre de cette valeur peut se concentrer sur une commune ou un pays, ou s’étendre à la Grande Région, l’Union Européenne ou au niveau mondial.
On s’aperçoit tout d’abord que les actions et décisions prises par votre entreprise peuvent augmenter ou diminuer ces stocks de capitaux, c.-à-d. créer ou détruire différentes formes de valeur dans la société (p.ex. contribuer au bien-être, préserver la santé de ses salariés, se rendre complice de violations des droits de l’homme…). De même, l’entreprise est entièrement dépendante de la société pour toutes les ressources dont elle a besoin. Une société saine et prospère est nécessaire au fonctionnement des entreprises.
Donc, la seule stratégie pérenne pour l’entreprise est de créer de la valeur pour elle-même, tout en préservant et développant la valeur dans la société de laquelle elle dépend. Le choix entre profit ou valeur sociétale ne se pose pas, il est tout à fait légitime et possible de générer du bénéfice et un impact sociétal positif. Cette idée de création de valeur partagée proposée par Michael Porter et Mark Kramer en 2011 a révolutionné le champ d’application de la RSE, et surmonté l’antagonisme entre entreprise et société.
La RSE propose un ensemble cohérent d’actions qui répondent à des problématiques sociétales pertinentes pour votre activité et qui offrent des solutions durables et résilientes tant pour votre entreprise que pour la société (p.ex. santé des salariés, innovation, empreinte carbone, droits de l’homme, chaîne d’approvisionnement responsable, salaires équitables…). C’est ainsi que votre entreprise crée de la valeur partagée pour vos activités et pour la société dans laquelle elle évolue.